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  • : L'archipel de Théo
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  • : M'évader, rêver, crier, en un mot écrire ! Modeler la vie avec des mots et les partager avec ceux qui s'évadent, qui rêvent et qui crient. Partager les coups de coeur ou de colère aussi.
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Bienvenue à vous, qui aimez les mots, les voyages et le rêve ...
Je fais mienne cette phrase de René CHAR  : 

"La  poésie me volera ma mort"

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17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 19:02

 

Tam-Tam


MUSIQUE


Moi je joue du tam-tam dans ta nuit af'icain'
Et le vent aux oiseaux 'épète que je t'aim'
Je noue des bouts de lian' pou' assembler les âmes
Moi je joue, moi je noue et ça fait du 'amdam.
 
Toi tu joues de la flûte dans ma nuit af'icain',
Toi tu joues à genoux et les voisins se plaignent
Car ça fait du 'amdam dans la nuit africain'
Mais le vent aux oiseaux 'épète que nous on s'aim'.

 

Le tam-tam tout le temps joue « je t'aim' » dans la nuit

Et les amants du fleuve appuient sur leu' pagaie

Les cheveux dénoués dans le vent qui bégaie

Qui 'épète aux oiseaux qu'on s'aime'a pou' la vie.

 

Qui 'épète, qui bégaie, v'là le vent qui 'adote,

Qui gémit dans la nuit, qui se pe'd dans tes g'ottes

Lancinant, le tam-tam bat l'amou' en cadence

Lance au vent son appel su' ton vent'e qui danse.

 

Moi je joue du tam-tam, wow !

 

Théo

2003

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13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 15:48
Les fenêtres

 

Je naquis par la fenêtre de ma mère,

Dans l’éclair étouffant d’un jour de sirocco.

Oh, mes vagissements n’éveillèrent d’écho

Que le temps d’un adieu, dans les yeux de mon père.

 

Je grandis à la fenêtre de la mer,

J’ai laissé mes empreintes sur le sable et les eaux.

C’est là-bas que mon cœur prit son premier bateau,

J’ai vu sa voile blanche aux portes du désert.

 

J’ai pâli aux fenêtres de sang,

Quand j’ai vu se coucher le jour de ton regard.

Aux vitres du crépuscule éclaboussant,

J’ai collé mes visages hagards.

 

J’ai rêvé aux fenêtres du vent,

J’ai pris cent fois le large, mille fois j’ai versé ;

Dix mille fois veillé sur le gaillard d’avant.

J’ai compris que la vie est un rêve insensé.

 

Je vieillis aux fenêtres obscures,

Attendant que se taisent les ombres qui murmurent.

Un jour, je renaîtrai des fenêtres du temps,

Car l’amour, ce phénix, ne meurt jamais longtemps.

 

 Théo

2003

 

 

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 19:50
Acrylique par Laurent Vaillant

MUSIQUE

 

Soif

 

Pleurant la fin de ma naissance et le début de ma vieillesse         

Je sortis nu d’un sein d’ivresse

Pour traverser sans bruit l’enfance

 

Dans un désordre d’aube pâle où meurt hier, où point demain,

Un poing crispé pour toute main,

Je descendis de mon étoile.

 

Je savais perdre tout espoir dès lors que vivant l’éphémère,

Coupé du ventre de ma mère,

Et l’univers pour mon miroir.

 

Trompant la mort avec l’amour, filant le temps, tissant la vie,

Je m’inventais des mots impies

Comme « éternel », comme « toujours ».

 

Je survolais par nuits sans lune un archipel de terres vierges,

Y  tenant allumés des cierges

Pour réchauffer de sombres dunes.

 

Le bonheur dort dans ma mémoire au fond des draps du souvenir,

Le retrouver, le retenir,

A sa fontaine encore boire !

 

Théo

Juin 2008

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 20:06
Il pleut ...

Il pleut ; par le jour gris de ma fenêtre ouverte
Fuse le bruit mouillé des routes de passage,
Tinte la voix rouillée des cloches du village ;
Il pleut - demain sans doute, l’herbe sera verte .

Le monde se drape dans son chant retenu ;
L’ odeur de la terre s’insinue en mémoire,
Car c’est la même pluie, tout au long de l’ histoire,
Qui caresse des fronts enfantins ou chenus.

L’enfant s’habille et sort dans son imperméable ;
A la main de sa mère il confie un chemin
Quand soudain un matin, il pleut sur les érables ;
Il pleut, et c’est vieillir au soleil de demain.

Nous nous éveillions du pays du sommeil
Quand la pluie a toqué sur les volets battus ;
Je franchissais le pont de ton corps abattu ;
J’allais chercher ton âme au pied de l’arc-en-ciel.

Dans l’odeur des pins noirs nous marchions en silence,
On devinait l’orage à la lourde présence
De la torve chaleur des nuages muets ;
L’éclair allait frapper nos coeurs et la forêt.

Et puis sous cette pluie je t’ai accompagnée,
Une dernière fois, en silence et transi ;
Mais je ne pleurais pas, ce n’était que la pluie
Qui jouait sur mes joues ses accords buissonniers.


Qu’est-ce que la pluie, que l’éternelle vie
De l’eau recommencée de millions de rivages,
Saisie et ressaisie, par les vents asservie,
Infini de miroirs égrenant des images ?

Que resterait de nous - sans ces eaux qui voyagent
Au bout de l’horizon, du pas tranquille et sage
Des témoins éternels gonflés de souvenirs –

Qu’une invisible brise qui s’épuise à souffler,
Dans un ciel à jamais impuissant à frémir,
Sur des larmes d’amour qui ne peuvent couler ?


Théo
Sans date (2004 ?)
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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 12:37

 

      MUSIQUE

 

ciel-nuit.jpg

 

La nuit

 

La nuit on meurt

On meurt de nous

On meurt debout

La nuit, de peur.

 

Nuages en robes blanches qu’un vent soulève

Inconstantes vapeurs, où êtes-vous ?

Il  est des chemins perdus interdits de rêve,

Que jonchent et sont épars souvenirs de nous.

 

Le jour un pleur

Un pleur de nous

Un pleur, c’est tout

De jour trompeur.

 

Visages roses de l’amour que le temps creuse

Masques du bonheur, que dites-vous ?

Oubliées les vagues  bleues de  chair heureuse,

La mer qui se retire est grise en ses remous.

 

La nuit debout

Je meurs de nous

Amour trompeur

Un pleur, c’est tout.

 

Théo

2013/2014

 

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26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 18:30

 

Danse la mer


  Oui seule la mer  danse à l'horizon si lourd,
Et mon bateau la suit, sous le cri des mouettes,
Sur le parquet de vague, en sa valse muette ;
C'est un adieu très seul et ruisselant du jour.

Je te nomme en silence au bleu de l'outre-mer
La nuit chavire et tombe, exquise en ton corsage,
Et mon arc se retend, phrase des corps en nage,
Flèche brisée du vers rompu de mots amers.

Les sentiments murés du volcan des yeux clairs
Jettent parmi le sombre une lave érotique,
Et l'océan s'allume un instant de l'éclair
Qui meurt en obsidienne à la mémoire antique.


Théo
Décembre 2008

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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 13:04

   MUSIQUE


Le nonchaloir marin


Le nonchaloir marin, horizon dérobé
Par la crête des vagues,
Me porte comme une algue
Qui hésite à jamais du grand large à la baie.

Ton nonchaloir câlin
Berce languissamment le fil de mon errance
De ton corps entr’ouvert au cap Bonne-espérance,
Et fait le soir serein.

Le nonchaloir des reins abrite des brisants
Qui entraînent au loin
Le rêveur et sa main,
Ta robe soulevant, aux îles sous le vent.

Le nonchaloir des seins
Fait de moi le corsaire abordant ton corsage
Tu es mon océan, je t’offre mon sillage,
Accepte-le pour tien.


Théo
9 avril 2007

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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 11:28

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      MUSIQUE

 

Jour après jour

 

« A chaque effondrement des preuves, le poète répond par une salve d’avenir »

René Char

 

Il sortit d’un matin une pousse de rêve qui mourut en un jour

Fièvre brève d’amour

 

Nous courûmes guéris et nos routes perdues

Au dédale des rues

Ivres de nos mains

 

Aux bouges immobiles des étoiles ouvertes

Nous entrâmes sereins

 

Dans l’eau pellucide d’un miroir sans tain

Nous nous vîmes unis sur une page blanche

 

Ton silence acquiesça lorsque je pris tes hanches

Pour mourir avant l’heure

Et devancer demain.

 

Du matin sortirait une pousse de rêve à mourir en un jour.

 

Théo

6 mai  2008

Le Char de la nuit

 

**

 

« Le poème est l’amour réalisé du désir demeuré désir »

René Char

 

Le jour  

 

 

Le jour où j’ai croisé ton regard et sa route

Pour les perdre aussitôt aux morphines du doute,

J’ai confié tes élans au carré de lumière

Qui retient l’Ephémère entre les murs d’hier

 

Tu attends ce moment où la chandelle baisse,

Les bouches des prisons s’ouvriront sur la nuit

Enfin libres vivront les mots tenus en laisse

Par un cœur épuisé de patienter sa vie

 

Il y aura un cri et moi seul à l’entendre

Lorsque sur le miroir au soupir de tes lèvres,

Noyé dans la buée de nos dernières fièvres,

Ton souffle m’écrira  « je t’aime et viens me prendre ! »

 

Et mon âme quittant son enveloppe infâme

Tout doucement viendra se blottir à ton âme.

 

Théo

7 mai 2008

Le Char de la nuit

 

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28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 17:58

 

 

 

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Miroirs

 

Je vois, miroir austère,

La femme et ses abîmes,

Blessure qui pense intime,

Ses contradictions,

Comme pense alangui un cœur en sa prison.

 

Je sais, miroir menteur,

La femme et ses humeurs,

Ses secrets parfumés,

Que j’ai bien trop aimés,

Comme j’aime voler à coups d’ailes rêvés.

 

Je crois, miroir obscur,

Grandi dans mes nuits grises,

Que l’amour est blessure ;

Mais qui n’a dit « je t’aime »,

Ignore le bonheur d’un cœur que l’on baptise.

 

Je vois, miroir éteint,

La femme d’un matin,

Pétale du marin

Mourant au ciel carmin,

Que ne reflète plus ton visage sans tain.

 

Et c’est pourquoi je vais, une fleur à la main.

 

Théo

Novembre d'une année

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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 21:17
 
 
 
Ange d'Asie
 
 
Trempe trempe mon ange, aux eaux chaudes du Gange 
Ton petit pied agile, aux eaux jaunes qui filent ; 
Mange avec moi la mangue et prête- moi ta langue, 
Ce poisson qui frétille au plaisir des papilles ! 
 
Douce douce est ta main qui connaît le chemin 
Des points géaschéi à l’envers du sari, 
Et qui trotte menu sur la terre inconnue 
De ma peau rajeunie par ta peau de sushi. 
 
Une fleur que j’effeuille allongé sur les feuilles, 
Et qui s’ouvre pour moi dans un parfum d’émoi, 
M’apprend l’hindoustani en douces litanies 
Et prie les dieux d’Angkor pour qu’encore et encor. 
 
Un mage assis aux rives de Vaanarasi, 
Donne ton corps promis aux eaux saintes d'Asie
A mon vieux corps voleur de ta jeune magie. 
Trempe, trempe mon ange en mon âge ton âge. 
 
 
Théo
Juin 2006


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