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  • : L'archipel de Théo
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  • : M'évader, rêver, crier, en un mot écrire ! Modeler la vie avec des mots et les partager avec ceux qui s'évadent, qui rêvent et qui crient. Partager les coups de coeur ou de colère aussi.
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Bienvenue à vous, qui aimez les mots, les voyages et le rêve ...
Je fais mienne cette phrase de René CHAR  : 

"La  poésie me volera ma mort"

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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 19:09

Ce texte doit dater de janvier 2010.

Bon, évidemment, le Président a changé depuis - Provisoirement ?

Mais paresseux comme je suis, je n'ai pas mis le texte à jour !

Bonne année donc ...

 


 

 

Bonne année les  banquiers, on vous fera crédit,

Soyez  pas trop inquiets ;

 

Bonne année les chômeurs, on s'occupe de vous,

Alors n'ayez pas peur ;

 

Bonne année retraités ! Surtout n'hésitez pas

 A reprendre un emploi !

 

Bonne année parents seuls, ne soyez pas bégueules,

Vous paierez plus d'impôt ...

 

Bonne année l'hôpital, serrez votre budget,

Les urgences fermées.

 

Bonne année prisonniers et futurs suicidés,

Dans nos prisons dorées.

 

Bonne année journaleux, estimez-vous heureux

D'être encore habillés.

 

Bonne année les sans-toit de la Rue de la Banque,

 Surtout prenez pas froid

 

Bonne année Président qui sur nos intérêts veille

Dans un hôtel de luxe quelque part au soleil.

 

 

Bonne année !

 

 

Théo

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6 août 2014 3 06 /08 /août /2014 14:55

Bien sûr, nous sommes en vacances ... Mais ce n'est pas une raison pour perdre la mémoire. Comme chaque année, le 6 août, je publie ce texte, hommage aux victimes de l'horreur.

      MUSIQUE

COMME MILLE SOLEILS


« Tu n’ as rien vu à Hiroshima … Rien »
« Si, j’ai tout vu à Hiroshima … Tout »

Peau lisse de tes reins … Des cadavres debout,
L’ombre blanche d’enfants sur le mur d’une école,
Les femmes, les hommes, dont la peau se décolle …
Et la pluie qui transforme nos cendres en boue.

« Tu n’as rien vu à Hiroshima – J’ai tout vu ! »
Il ne reste rien d’Hiroshima, qu’un sol nu.
La ville aux mille saules, soudain décapités,
A vu mille soleils dans le ciel de l’été …
La chaleur de ton sein et l’enfant calciné …

Huit heures du matin, pose sur moi tes mains,
L’amour et l’amour seul, peut sauver de l’enfer,
De ses rives de lave et de ses pluies de fer …
Peau lisse de tes reins et chaleur de ton sein,
Tue vite mon désir que je puisse mourir.

Un oiseau de métal porte un enfant de mort.
Comme mille soleils offerts au Mikado
Une fleur vénéneuse en l’azur a éclos,
Soufflant les mille saules, amplifiant les échos
Du rire de Satan qui nous poursuit encor.

« Que demeurait le lendemain ? » – Rien ! Rien
Que des cendres au vent offertes, rejetées,
De ceux qui sont tombés, recouverts de leurs mains,
Décombres dérisoires et poussières d’humains.

… Rien.


***



C’était le 6 août 1945 à 8h 15 du matin, par une belle journée d’été, dit-on.

« Comme mille soleils » : expression empruntée à un survivant.

La ville aux mille saules : Hiroshima était célèbre pour la beauté exceptionnelle de ses saules.
Les ombres blanches sur les murs s’expliquent par la chaleur dégagée par l’explosion
L’oiseau de métal (un B 29) s’appelait « Enola Gay »
L’enfant de mort, c’est « Little Boy », sobriquet désignant la bombe d’Hiroshima.
Celle de Nagasaki s’appelait « Fat Man ».

80 000 morts dès la première seconde à Hiroshima, et autant dans les mois –et les années- suivants.

Sans oublier Nagasaki, le 9 août.

Une pensée aussi pour le magnifique film d’Alain Resnais (Hiroshima mon amour) et Marguerite Duras, auteur du script, à qui j’ai emprunté les deux premières phrases …

Théo

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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 13:33

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MUSIQUE

Les enfants parricides …

 

Reconstruisent  en rêve un futur sans passé,

Bâtissent sur le sable de sombres mausolées

Au front salé des vagues  toujours  abandonnées,

Sans cesse à se donner de l’automne à l’été.

 

Et l’hiver elles sont grises

Et la plage est fugace au crayon de la brume

 

Enfants des pluies acides à l’horizon cloné,

Nés de blêmes matins  orphelins du grand soir

Aux joues salées de pleurs d’enfance abandonnée,

Sans cesse à se flétrir de l’automne à l’été,

 

Et demain seront grises

Sous le regard volé d’horizons dérobés.

 

Enfants d’un dieu comptable,

Dans les châteaux de sable

De villes misérables

Aux minutes comptées,

 

Parricides sans rêve au futur sans passé,

Vous adorerez nos sombres mausolées

Semés dans le désert

De pétrole infesté.

 

Vous,

Orphelins du grand soir

Passagers du brouillard qui mutile les doigts,

Qui étouffe les voix,

 

Enfants des pluies acides à l’horizon cloné,

Nés du viol de la Terre,

Enfants d’un dieu minable,

Vous vous révolterez !

 

Vous,

Que l’on sommera  de marcher toujours droit

Et d’honorer les lois du marché, de l’Etat,

Vous irez divaguant

Sur l’aile résignée d’un albatros géant

Qui sera pour mourir sur un vaisseau fantôme

A l’ouest de l’amour,

Dans un triangle d’algues

 

Et vous nous maudirez.

 

Théo sd/2013

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 20:41
MUSIQUE

J’ai croisé une mort

(à Dakar, en avril 1986)

 

Un soir, au sortir d’une africaine échoppe,

Au parcours bigarré d’une rue interlope,

Dans la nuit atlantique et chaude de Dakar,

J’ai croisé une mort qui mendiait au hasard …

 

J’ai croisé une mort avançant lentement,

Sous un voile de honte où cacher ses tourments,

Précédée d’une cloche invisible et aphone

Et d’un cri silencieux, qui écartait la faune …

 

J’avançai dans le trou laissé nu par la foule,

Etonné des caprices de cette sombre houle,

Vers les formes diffuses de ces noirs pénitents,

Vers les ombres camuses de ces maigres mendiants …

 

Et comme une prière sortait de sous la robe,

J’ai tendu une pièce à la main qui mendiait

- Je lui donne une pièce et sa main se dérobe …

 

Et le temps d’un éclair, d’un merci psalmodié,

Serrant moignon de chair du lépreux dans ma main,

J’ai croisé un regard qui s’excuse d’être humain …

 

Ah ! Si seulement Jésus était sur ce chemin …

 

Théo

2002/2007

 

 

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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 20:07



Elle est morte … assassinée un soir par son client, un pilote australien



Le cauchemar de DARWIN



Oui, ton lac va mourir mon pauvre Livingstone,
Et le poisson crever, et avec lui les hommes
Qui vivaient de ses eaux bien avant que soit Rome …
Tu y cherchais le Nil, miroir des Pharaonnes !

Mais un jour un marchand, dont le nom est maudit,
Jeta dans ce cratère abyssal et fécond
Un monstre cannibale, une perche aux yeux ronds,
Qui écuma les flots jusqu’à tuer toute vie.

Voici que le lac meurt, les pêcheurs vont le suivre …
Leurs enfants édentés se nourrissaient d’arêtes
Volées aux poubelles sorties des lieux de fête,
Cela même est fini : gageure que de vivre !

Il reste les avions dont le train incessant
Fait trembler les bidons où habitent des ombres ;
Chargés d’armes de mort, ils souillent le tartan,
Puis repartent gavés de poissons en surnombre.

Il reste les putains au regard douloureux,
Où un ailleurs lointain le dispute à l’enfer ;
J’en connais une au moins, au grand sourire amer,
Morte criant sans bruit sous les coups d’un vicieux.

Il reste les gamins, couchés sur les trottoirs,
Où bien sniffant la colle au sombre d’un couloir,
Où encore boitant sur une jambe unique,
Souvenir d’une mine ex-soviétique.

Il reste la douleur, le désespoir lucide,
Le faible qui se couche en appelant la mort,
Les enfants que l’on vend à la loi du plus fort,
La nausée qui me prend de ce monde putride.

Regarde les avions dans la chaleur épaisse,
Entends-tu les dollars qui rentrent dans la caisse ?
Un dollar, une larme ! Un enfant, une femme,
Qui pour survivre nus, dans cet enfer se damnent.

Et le grand lac se meurt, mon pauvre Livingstone,
Cauchemar de Darwin qui tremble dans sa tombe,
Et le mendiant claudique, et la putain s’étonne
De voir sourdre une larme au visage des bombes.


Février 2006






***


Synopsis du film de 2004 (sorti officiellement en France en mars 2005 …)


Les rives du plus grand lac tropical du monde, considéré comme le berceau de l’humanité, sont aujourd’hui le théâtre du pire cauchemar de la mondialisation.
En Tanzanie, dans les années 60, la Perche du Nil, un prédateur vorace, fût introduite dans le lac Victoria à titre d’expérience scientifique. Depuis, pratiquement toutes les populations de poissons indigènes ont été décimées. De cette catastrophe écologique est née une industrie fructueuse, puisque la chair blanche de l’énorme poisson est exportée avec succès dans tout l’hémisphère nord.
Pêcheurs, politiciens, pilotes russes, prostituées, industriels et commissaires européens y sont les acteurs d’un drame qui dépasse les frontières du pays africain.
Dans le ciel, en effet, d’immenses avions-cargos de l’ex union soviétique forment un ballet incessant au dessus du lac, ouvrant ainsi la porte à un tout autre commerce vers le sud: celui des armes.
Mais ne vous y trompez pas : la guerre est une chance, celle de ne pas mourir de faim pour ceux qui seront soldats ...



***
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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 19:37

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Mamie Jane

 

Séparées de longtemps mais unies de toujours,

Sur le seuil de la porte entre hier et demain,

Ta fille qui se lève et qui te tend la main

Pour passer avec toi la Pâque de l’amour :

Vous voici réunies.

 

Pour toi ce matin là fut le soir de ta vie,

La douleur enfin morte au prix de la souffrance,

La fin souvent rêvée d’une trop longue errance.

Demain je te suivrai comme je l’ai suivie,

Avec le cœur en pluie.

 

Et  puisqu’il faut mourir, que ce soit pour renaître

Au creuset  de l’amour que garde la mémoire,

Où ceux qui t’ont aimée dès aujourd’hui vont boire ;

Et faute d’exister, au moins continuer d’être

Une étoile d’amour.

 

Je t’embrasse Mamie.

 

Théo

20 octobre 2011

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 19:31

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Loto

 

A ceux que l’on retranche, à ceux que l’on emmure,

A tous ceux des ghettos d’où montent des murmures,

A tous les retenus, à vous les détenus,

Habitants des bidons, écrivains des murs nus ;

 

A vous les marginaux, à vous, rebuts sociaux,

A tous les exilés de tous points cardinaux,

A ceux que l’on exclut du cercle des nantis,

Aux Rom que l’on vomit de pays en pays ;

 

A vous les tout petits, à vous les mal foutus,

Les faibles, les usés, les fêlés de la vie,

A vous, déshérités que personne n’envie

Et dont tous les chemins un jour se sont perdus …

 

Vous êtes nos pareils, nés du même soleil,

Mais du mauvais côté, là où l’ombre portait.

Au loto du Profit et de la Providence,

Plus vous êtes nombreux, plus grande est l’opulence

 

Des autres.

 

Théo

2011

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 12:24

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La démographie, la crise et les retraites : le débat oublié

 

 

Maintenant que le débat sur les retraites est (provisoirement) apaisé, il est temps de pointer quelques éléments fondamentaux qui ont été quelque peu occultés par la focalisation sur le problème de la retraite à 60 ans.

De fait, le vrai débat n’a pas eu lieu.

 

Premier point : la démographie

 

Elle n’a pas changé brutalement en 2010 : elle est toujours aussi favorable (relativement). La France est le pays de l’UE où la démographie pose le moins de problèmes à long terme. A lui seul, notre pays  représente 60% du croît naturel de tous les pays de l’UE à 28. D’autres pays (Allemagne, Italie, pays d’Europe centrale, Grèce) sont au contraire dans une situation démographique catastrophique et vieillissent beaucoup plus vite que le nôtre. En particulier, les « comparaisons » faites avec l’Allemagne sont totalement faussées.

On ne vous l’a pas dit ? C’est un oubli …

Le vrai problème est celui de l’emploi des séniors, dont le taux d’activité est un des plus faibles d’Europe : problème non résolu à ce jour, et par lequel on aurait dû commencer si l’on veut éviter que les plus de 60 ans deviennent chômeurs au lieu de retraités.

 

Deuxième point : la Crise

 

Selon les calculs du COR (Conseil d’orientation des retraites), le déficit prévisionnel des retraites en 2010 sera imputable aux deux tiers à la crise économique (plus de 20 milliards sur 32). Avant la crise, le déficit prévisionnel pour 2020 était de 25 milliards. Avec la crise, nous aurons en 2010 le déficit prévu pour 2030.

En d’autres termes : résoudre le problème des retraites, c’est d’abord lutter contre les effets –durables- de la Crise et réformer le système, comme promis il y a 2 ans.

On ne vous l’a pas dit ? C’est un oubli …

 

Troisième point la base taxable

 

Si l’on veut sauver le système de la répartition –un choix de société sur lequel  les électeurs-contribuables pourraient être consultés, car il n’a rien d’obligatoire après tout  – alors il faut alimenter ce système par une base taxable dynamique, et non par une base taxable en régression.

Or depuis 1982, la part des salaires dans la valeur ajoutée a baissé de 10 points, tandis que celle des profits distribués est passée de 3% en 1980 à 8% en 2007 (source : INSEE). La part des autres revenus du capital (comme les loyers par exemple, sans parler des plus-values) a augmenté tout aussi vite.

 

Conclusion 

 

Comme le souligne le COR dans ses études, il n’y aura pas de solution durable sans élargir la base taxable – si l’on veut sauver le système, ce qui encore une fois n’a rien d’obligatoire. A moins bien sûr que l’on n’entreprenne les réformes fondamentales qui changeront cette répartition des revenus à l’origine de la Crise.

Aussi bien, une autre solution se dessine, avec l’accord envisagé  entre la Caisse des Dépôts et Consignations et sa filiale, la Caisse nationale de Prévoyance, d’une part,  et divers  groupes privés (dont Malakoff Médéric) d’autre part,  pour le développement de fonds de pension à la française. Mettez vos retraites en Bourse, c’est ce qu’il y a de plus sûr ! Depuis l’an 2000, l’indice CAC 40 n’a perdu que 45%. De fait, il devrait logiquement remonter dans le futur… et vous aurez peut-être une retraite, contrairement à ces 51 millions d’américains qui ont perdu la leur dans la crise de 2008-2009.

 

Puisqu’on vous le dit !

 

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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 16:00



La boîte de Pandore


Nous n’irons plus au bois, la forêt enchantée
Se ferme pour toujours aux désirs murmurés …
Nous irons sur le sol d’un désert inventé,
Sur la croûte épuisée d’un âge épouvanté …

Le soleil percera les crânes nouveaux-nés,
Tu n’auras plus de larmes à abandonner
Au creux sec de ma main tendue vers ta douleur ;
Le gris terne des jours mangera les couleurs.

Des arbres de métal empaleront les heures
Qui mourront lentement en pleurant leurs secondes ;
Le seul vent se levant sera celui des cœurs,
Un souffle agonisant sur la mer qui succombe.

La mer à bout de vague et des vagues de plomb … !
Au ressac disparu de rivages martiens,
Tituberont nos pas écrasés par l’aplomb
De l’étoile à midi, qui cherchera les siens …

Nous n’irons plus au bois, les forêts sont coupées,
Nos rêves morts de soif aux fontaines étroites,
Tous fauves libérés, rapaces aux aguets …

Pandore l’avait dit : n’ouvrez pas cette boîte …


Théo
2003/avril 2008

Musique
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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 15:35


Clair de Terre

Musique

 



Prisonnier d'une lune aux reflets d'un soleil,

Ecrivait un amant.

Au doux clair de la Terre à lui écrire un mot,

Temps passait, tendrement.

 

Et sa muse la Terre,

Se mourait lentement

Dans les bras de l'enfant

Au souffle délétère

Que son sein a porté.

 

Le poète écrivait,

Dans la nuit incertaine,

Sur sa lune lointaine,

Quand la Terre mourut ;

Et ses vers se sont tus.

 

Quand la Terre mourra,

La poésie aussi,

Et tous les scélérats

Et les amants aussi ...

 

Alors debout les vers !

Et écrivez en vert,

Pour conjurer la mort

Et que chante la Terre !

 

Théo

Juin 2009

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