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  • : L'archipel de Théo
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  • : M'évader, rêver, crier, en un mot écrire ! Modeler la vie avec des mots et les partager avec ceux qui s'évadent, qui rêvent et qui crient. Partager les coups de coeur ou de colère aussi.
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Bienvenue

Bienvenue à vous, qui aimez les mots, les voyages et le rêve ...
Je fais mienne cette phrase de René CHAR  : 

"La  poésie me volera ma mort"

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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 14:30
Musique
 
 
Métropolis


Le serment du soleil de sur ma peau s’efface,
Agonie d’une étoile qui passe ;
Orphelines, nos ombres ont regagné le sein
D’une nuit pleine qui pèse, et sans nombre.

C’est ainsi que jours meurent, dans un cri de lumière,
Aux rivages paisibles des villes altières
Peuplées d’automobiles et de monades tristes,
Aux pensées immobiles à qui rien ne résiste.

Des maisons imparfaites en murailles dressées
Qui chancellent impures, aux flots de nos désirs,
Que la foudre et le vent parcourent d’un sillon,
Me rappellent ton nom.

Dans le meilleur des mondes demeurés,
Un rossignol chantait sa musique invisible
Et redonnait à l’homme une chance d’été,
Quand on le prit pour cible.

Je courais ta douleur aux brisants du soleil,
Le cygne s'éteignait dans un chant de couleur,
Un chant de mort vermeil.

Je me suis arrêté aux frontières du monde,
Là où la nuit libère la rumeur qui gronde,
A chercher ta lumière.


Théo
31 décembre 2007
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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 20:44


La-C-ne-copie-1.jpg

      MUSIQUE


On m’appelait Judas Iscariote

 

Pour ce dernier repas, on avait du bon vin

Rouge comme ce sang qui coule et qui me damne ;

Des jarres arrondies comme ventres de femmes,

Veillaient sur notre nuit, attendant le matin.

 

Le coq encor dormait, demain il chanterait ;

Et le jardin ultime de Gethsémani,

Encor obscur et clos, et vide d’ennemis,

Dormait sous les étoiles pâles de Yahvé.

 

Le vent retenait son souffle au creux des cieux,

La terre s’enténébrait comme avant un orage ;

Il n’y avait de vivants que nos treize visages

Dont l’un était l’Amour, et qui leva les yeux.

 

Il dit, me regardant jusqu’au fond des entrailles :

« Ce soir est le dernier où je bois à la vigne,

Ce soir, je vous le dis, il faut que je m’en aille,

Car l’un de vous me livre à une mort indigne.

 

C’est pourquoi je vous donne et mon corps et mon sang,

Et vous ferez ceci en mémoire de moi,

Tant que l’amour existe, jusqu’à la fin des temps. »

Et chacun s’écria : est-ce moi ? Est-ce moi ?

 

« C’est celui dont la main va rencontrer ma main ».

Et tandis qu’Il parlait, Il referma ses doigts

Sur mes doigts qui cherchaient une boule de pain.

Et je compris trop tard que Judas, c’était moi !

 

………………………………………………………

 

Le jardin est désert et il ne reste plus

Sur le sol qu’une oreille, et des larmes de sang.

La terre est détrempée, comme s’il avait plu,

Là où il a prié « Abba », son Père absent.

 

Un jour sombre se lève, ce sera le dernier

Pour lui comme pour moi, car nous sommes liés.

Car ma mort est sa vie, et ces trente deniers

Sont le prix convenu pour l’avoir renié.

 

A la plus haute branche de cet arbre  qui veille,

Et qui grandit pour moi dans le champ du Potier,

Je vais pendre ma vie dans l’aube qui s’éveille,

Aux yeux épouvantés de l’univers entier.

 

2004

 

Théo

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5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 19:26

 

Sic transit amor


Tu as fermé la porte, sans doute ab irato,
Acta est fabula et nous avons perdu ;
Nous ne sommes plus nous, exit alter ego ;
Passim, on voit flotter, désunis, je et tu.

Ceteris paribus, l’histoire se répète,
Toujours, le dernier mot ou l’ultima verba
Revient au silence qui parle ex cathedra
Et bâillonne l’amour … Cui bono, cui prodest ?

Oh ! Memento mori, mon amie, mon amour
Car si brève est la vie qu’il faut, nolens volens,
S’aimer sine qua non, s’aimer, s’aimer toujours !
Carpe diem, car demain, dans le temps qui l’évince,

Se déliera au vent, alea jacta est.
Alius es hodie atque olim eras,
Moi aussi j’ai changé mais je suis de ta race,
Amoureux de ta main, je resterai son geste.

Amour, te semper amavi ex animo,
Le temps te figera en un instant plus beau
Le vent fustigera les traces des chevaux
Mais toi, tu resteras, unguibus et rostro.


31 mars 2006

***


Note : j’ai commencé ce texte pour m'amuser en pensant y inclure des locutions latines courantes en français … Puis j’ai fini par écrire en latin quelques vers, ce qui change l’esprit de l’exercice.

Signification des locutions :

Ab irato : sous le coup de la colère
Acta est fabula : la pièce est jouée
Exit : littéralement « il sort » … Plus simplement : terminé …
Alter ego : autre moi-même
Passim : ça et là, en divers endroits
Ceteris paribus : toutes choses égales
Ultima verba : les toutes dernières paroles
Ex cathedra : « du haut de la chaire », avec une autorité qui s’impose
Cui bono, cui prodest ? : à qui cela profite-t-il ? (jargon juridique)
Memento mori : rappelle-toi la mort …La vie est brève !
Nolens volens : bon gré, mal gré (littéralement : ne voulant pas, voulant)
Carpe diem : cueille le jour (vers du poète Horace, devise épicurienne)
Sine qua non : tout le monde la connaît celle-là :-)
Alea jacta est : le sort en est jeté (phrase de César, dit-on, franchissant le Rubicon)
Unguibus et rostro : (par le) bec et (les) ongles … becs et ongles, sans lâcher prise.

Les deux phrases intercalées :

Alius es hodie atque olim eras : tu es autre aujourd’hui que tu n’étais jadis
Te semper amavi ex animo : je t’ai toujours aimé(e) de toute mon âme.

J'oubliais ... le titre :-)) "Ainsi passe l'amour "...

Théo
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5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 18:58

      MUSIQUE

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(Le) Chagrin d(e l)’amour 

(The sorrow of love) 


Le chant d’un moineau sur les toits, 
La lumière de Lune, l’entière voie lactée, 
Et toute l’harmonie réputée des feuillages, 
De l’homme et de son pleur avaient gommé l’image. 

Une fille surgit, rouges lèvres en deuil, 
Qui semblait la grandeur de ce monde de larmes. 
Condamnée comme Ulysse et ses vaisseaux errants, 
Fière comme Priam victime de ses pairs ; 

Elle surgit, et lors, la clameur des toitures, 
La Lune escaladant la vacuité du ciel, 
Et ce chœur tout entier de feuillages en pleurs, 
Ne furent plus qu’image, de l’homme et de son cri. 


W.B Yeats 
Traduction Jean-Marin Serre/Théo - 2003

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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 19:04

 

atlantide.jpg

MUSIQUE

 

Demain, l’Atlantide

 

Liquide, elle avançait, et nous parlions toujours ;

Puis nous faisions l’amour ; tandis qu’à l’horizon

Le temps roulait tambour,

S’écroulaient les maisons.

 

Les îles lentement sur le flanc se couchaient.

Des oiseaux de silence, égosillés, tremblaient.

Et les mains de l’enfant

S’ouvraient sur le néant.

 

Liquide, elle avançait ; les colonnes d’Hercule

Passées en un éclair, les temples d’orichalque

Eclatés comme bulles,

Que l’histoire décalque.

 

Atlantis, Atlantis ! Cité- Mère qui meurt !

Un monde qui s’écroule et régnait sur les mers !

C’était hier, c’était l’heure …

… Mais si demain, la mer … ?

 

Homme, poursuis ton œuvre au goût d’inachevé ;

Ne cesse de violer la terre immaculée ;

Demain elle ouvrira les portes de l’enfer

Et t’y accueillera, Atlante fol et fier.

 

Théo

21 février 2007

 

 

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31 mars 2014 1 31 /03 /mars /2014 19:57

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MUSIQUE

 

Le bateau

 

C’est un bateau ; tous les soirs je le prends.

Un grand bateau et combien de marins ?

Un seul marin, capitaine-équipage,

Mousse-vigie, passager et otage.

 

Appareille, bateau, le soleil se couchant !

Bateau courage et poète à son bord,

Qui regarde le ciel pour le dernier nuage ;

Il voyage tout seul mais au moins, il voyage.

 

Le jour il est ceci, le soir il est cela.

Il est seul, il est double et les vagues le troublent.

De tangage en roulis, de Charybde en Scylla,

Le bateau se perdra, la mer l’emportera.

 

C’est mon bateau ; tous les soirs il me prend.

 

 Théo

4 mars (2003 ?)

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 20:30

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      MUSIQUE

SONGES 




L’étoile 


Certains soirs il fait bon sur la plage s’asseoir 
Pour regarder le vent jusques au fond des yeux, 
Et puis convoquer Dieu 
A venir au parloir. 

Agrippés aux barreaux de nos prisons de chair, 
User la liberté que l’étoile nous laisse 
De boire sa lumière, 
Ou ténèbres épaisses. 

Le pas mêlant le sel aux embruns clairs-obscurs 
Fouler, mais solitaire, une dernière terre, 
Qui s’offre en un murmure 
A la première mer. 

Savoir que de nos pas, 
Il ne restera pas seulement une empreinte, 
De la page un seul mot, sur la dernière plage, 
Et malgré nos étreintes … 

Le savoir et s’asseoir, le soir, face à la mer, 
Pour regarder l’étoile 
Qui teinte d’infini cette nuit carcérale 
Aux brisants de la Terre. 


Mai 2006 



Amour 


Aiguisant mon attente 
Au fourreau de tes lèvres, 
Le roc de ma jeunesse 
Poussait contre le ciel 

La voile d’un esquif 
Qu’un vent avait perdu 
S’accrochait à la mer 
Et dansait avec elle 

Lorsque tes reins ployés 
Se creusaient en mourant 
Aux vagues insoumises 
Du désir qui nous prend, 

A l’écume des jours 
Ne restait que lumière 
Qui rejetait la mort 
Aux portes du néant. 

Nous sommes grains de sable 
Sous un diamant de Lune, 
Le silence écarté 
Par un seul mot toujours : 

« Amour ». 

 *

Théo 

Mai 2006

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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 19:44

MUSIQUE    

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ETRE


Etre Rimbaud, attaché au poteau du rêve,
Descendre les fleuves sur le dos d’un radeau
Jusqu’à la chute sombre, inévitable et brève,
De l’horizon dans l’eau.

Etre un sale gosse, marcher dans la gadoue
Boire le calice de sang jusqu’à la lie,
Attendre l’hallali dans l’île de Padoue,
Parque, filer la vie.

Etre ce clavier où se posent les doigts
De la tendresse folle et du divin’ amour,
Pleurer la gamme de mes envies de toi,
Diapason de toujours.

Etre cet homme nu, locataire du Monde,
Qui paye son terme en colliers de larmes,
Qui se noie dans l’amer où regorge l’immonde,
Mais qu’un baiser désarme.

Etre seul et mourir, être deux et pleurer,
Etre en foule et courir devant pauvre Panurge,
S’abandonner aux flots pour un dernier refuge,
Et puis, avoir aimé.



Juillet 2005



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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 19:12

MUSIQUE    

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La boîte de Pandore



Nous n’irons plus au bois, la forêt enchantée
Se ferme pour toujours aux désirs murmurés …
Nous irons sur le sol d’un désert inventé,
Sur la croûte épuisée d’un âge épouvanté …

Le soleil percera les crânes nouveaux-nés,
Tu n’auras plus de larmes à abandonner
Au creux sec de ma main tendue vers ta douleur ;
Le gris terne des jours mangera les couleurs.

Des arbres de métal empaleront les heures
Qui mourront lentement en pleurant leurs secondes ;
Le seul vent se levant sera celui des cœurs,
Un souffle agonisant sur la mer qui succombe.

La mer à bout de vague et des vagues de plomb … !
Au ressac disparu de rivages martiens,
Tituberont nos pas écrasés par l’aplomb
De l’étoile à midi, qui cherchera les siens …

Nous n’irons plus au bois, les forêts sont coupées,
Nos rêves morts de soif aux fontaines étroites,
Tous fauves libérés, rapaces aux aguets …


Pandore l’avait dit : n’ouvrez pas cette boîte …

Théo
2003/avril 2008 

 

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31 décembre 2013 2 31 /12 /décembre /2013 19:43

MUSIQUE

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Couchant 


A l’écume du soir la vague se dénoue, 
Nos ombres allongées, on n’en voit plus la tête, 
Les bateaux embrumés de la poupe à la proue, 
Et le seul cri certain est celui des mouettes. 

Qu’il est bon de rêver ! 

A l’incertain des mots répondent les corps chauds, 
Par de larges élans, comme des océans 
Qui menacent le ciel de songes abyssaux 
Et partent à l’assaut en éternels amants. 

Qu’il est beau le couchant ! 

Au reflet qui surgit de la Lune à tes yeux, 
J’appose le miroir sans tain de mon regard ; 
A tes lèvres se pose un cri silencieux, 
Nos mains font un anneau scellé dans le hasard. 

Qu’il est doux de t’aimer ! 


Théo

2 - 4 juin 2007
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