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  • : L'archipel de Théo
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  • : M'évader, rêver, crier, en un mot écrire ! Modeler la vie avec des mots et les partager avec ceux qui s'évadent, qui rêvent et qui crient. Partager les coups de coeur ou de colère aussi.
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Bienvenue à vous, qui aimez les mots, les voyages et le rêve ...
Je fais mienne cette phrase de René CHAR  : 

"La  poésie me volera ma mort"

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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 20:00
Hommage à Clifford D. SIMAK, bien entendu.



Demain, les chiens pleureront ...


2010

Chouette, on peut se faire implanter un téléphone mobile dans l’oreille grâce à la wi-fi et à la miniaturisation … Fini de chercher le machin qui sonne ! Ca sonne direct dans la tête …
Jour et nuit …

2016

On n’arrête pas le progrès : je viens de me faire mettre un puce dans le cerveau … Elle contient les infos à ne pas oublier : n°s de téléphone, adresses utiles, raisons de voter pour le parti au pouvoir, nom de ma femme.

2031

Je suis toujours là : grâce à l’hyper DHEAGRA de Vivendi-Bouygues-Elf-Microsoft-Aventis&Co, notre espérance de vie est désormais de 150 ans. Par ailleurs, il est impossible de se suicider : le programme que l’on m’a implanté dans le cerveau naturel (celui d’origine) l’interdit. De même qu’il interdit à tout citoyen de tuer son prochain, sauf si ce citoyen est un policier (leur programme est différent).
Aujourd’hui, conformément au décret du gouvernement sino-américano (Bush clone 3) de décembre 2026, tous les enfants sont pourvus de ce dispositif à la naissance.
God bless sino-american word (c'est dans mon programme)!

2032

J’ai eu envie de tuer ma sixième femme car elle avait oublié de nous préparer notre repas virtuel de chez MacDoWordforyou. C’est pourtant simple, nous avons l’adresse dans la tête et on reçoit des pubs télépathiques 7 fois par jour !
Mais voilà : un agent de sécurité est aussitôt apparu dans mon couloir et on me télétransfère au poste pour meurtre virtuel …
D’après la Loi Sarko-Bush de 2024, je suis présumé coupable et il m’appartient de prouver que je n’avais pas l’intention de tuer ma femme …
Je ne peux pas m’acheter d’avocat électronique … C’est réservé aux riches …
Merde !

2032, 24h plus tard

Comme prévu, le WinJuge Microsoft m’a condamné à la disparition définitive par dénucléarisation … Mais je vais me venger avant de disparaître …
Ah oui, je ne vous ai pas dit mon métier ?
Hacker …
Et j’ai mis au point un virus trans-informatique qui peut faire bugguer tous les cerveaux humains naturels de la planète … Comme ils sont tous connectés via le réseau de surveillance microsoft … Hé hé !

C’est parti !

2032, une minute plus tard

Sur la Terre, tout s’est arrêté … Des humains ( ?) aux yeux vides se sont immobilisés sur les trottoirs volants …
Seules les vraies machines fonctionnent, l’homme a buggué

Tous les hommes,
Définitivement.
Dieu est mort.

La paix descend sur le Monde
Seuls les chiens pleurent, qui regrettent leur Maître ...


***
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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 19:24

En haute mer et autres pensées flottantes

 

 

En haute mer sous un ciel bas,

Quand l'horizon hésite

Que les embruns irisés dans les pas titubants

Palpitent,

Les renards chassent.

 

Le givre d'un regard pose son mépris froid

Sur les questions du silence.

 

Sur le gaillard d'avant, un pote de demain

Qui fume sa vie

Et lit dans les rouleaux sacrés de la mer.

 

La pensée courbe sinue dans les rigoles,

Suit la mode caniveau,

Et finit à l'égout.

 

En ce jour gris comme dimanche,

Je fais mon sel de tes hanches.

Gigot à l'ail, poitrine fumé,

Festin dominical

 

La bougie brûlait sa vie mais dévoilait l'obscur,

Ainsi l'esprit de l'homme.

 

Frappé au coin du sombre, son visage appelait.

La lumière vint de l'intérieur

Et vécut dans ses larmes.

 

Et l'homme va, prenant la mer,

Et l'homme vient, de mère en mère.

 

Je ne suis qu'un point sur le i

De l'infini.

 

Il faut rire un peu entre deux larmes,

Respirer à fond pour le dernier soupir.

 

Décimer les cons, à quoi bon ?

Il en reste toujours neuf.

 

Dans la banlieue du lit,

Face à l'arc du triomphe,

Tes bas sont alanguis.

 

En haute mer sous un ciel bas,

Là où cadence l'infini,

Jeter mon encre au cœur des vagues,

Sac et ressac qui nous emportent

Parmi les vents parlant de sable.

 

 

Théo

14-15 avril 2008

 

 

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 20:11

Chaperon.jpg 

 

Inspiré d'un tableau

Petit Chaperon

 

Pas un rideau ne bouge,

Un visage de neige

Ourlé d’un châle rouge

Semble dire : où vais-je ?

 

Où vous retrouverai-je,

Dans quel lit, dans quel bouge,

Belle dame des neiges,

Petit Chaperon rouge ?

 

Loup –y- es-tu ? Me voici !

Je vous espère à moi,

Et tant pis pour moi si

Vous fuyez mon émoi.

 

Théo

Décembre 2011 

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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 02:10


Le castor, les veaux et les moutons

Fable de ma fontaine

 

Il était une fois, dans un beau et grand pays peuplé pour l’essentiel  de veaux et de moutons, un petit Président Castor, successeur d’un vieux Lion fainéant,  qui voulait réformer. Ce beau et grand pays était tout sauf moderne. On y préférait des romans classiques aux revues Peuple, la sécurité sociale aux stocks – options ; on n’y regardait pas suffisamment la Starac’, ni la principale chaîne privée de télévision ; on y aimait les services publics plus que la Bourse, les agneaux plus que les loups,  et les chanteurs à texte plus que les ministres bling-bling ; on y était attaché au droit du travail, à l’indépendance de la justice et de l’Université, au droit à la santé pour tous, à la justice fiscale, à la parole donnée, à l’hôpital public, à l’Ecole de la République et autres chimériques billevesées.

On appelait d’ailleurs ça une « République », la chose publique –comme si la chose en question appartenait à tous, ce qui était de fait un peu le cas.

Bref, on n’en finirait pas d’énoncer les handicaps de ce pauvre pays attardé et ringard, risée du Monde qu’il avait pourtant, curieusement, largement inspiré … Jadis.

Le petit Président Castor entrepris donc de « ré-former » ce pays de veaux et de moutons, c'est-à-dire de lui redonner sa forme première, celle de l’âge d’or d’avant la République.

L’ennui, c’est que cela supposait –au passage- de détruire cette ridicule République qui empêchait le modernisme de faire son chemin … Qu’à cela ne tienne : on nomma d’abord une Commission Attila, où les Huns et les autres étaient représentés, Faucons aussi bien que vrais cons, et qui fut chargée de faire des propositions pour interdire à l’herbe de repousser : les moutons devraient s’en passer.

Pour contourner ensuite  l’inertie et le poids des habitudes de citoyens paresseux et stupides, on déforma avant de réformer. On fit courir le bruit que le pays était ruiné (ce qui était faux), que ses habitants travaillait moins que les autres (ce qui était faux), que les pays voisins croissaient plus vite (ce qui était faux), qu’on allait voir ce qu’on allait voir (ce qui était vrai), que la racaille n’avait qu’à bien se tenir (les côtes) et que de toutes façons, les décisions étaient prises en haut par ceux qui savent , et non négociables avec les ignorants du bas. Qu’on se le dise !

Bref, on réforma. On mit à la réforme, en effet, c’est-à-dire que l’on cassa, les services publics en leur imposant une concurrence privée déloyale et coûteuse pour le consommateur; on appauvrit l’Etat en privatisant des autoroutes et de grandes entreprises publiques rentables qui auraient pu alimenter ses caisses ; pour creuser un peu plus le déficit et accréditer l’idée qu’il fallait réduire la dépense publique et les dépenses sociales,  on allégea les impôts des riches, et, pour compenser, on fit financer par tous –sauf les susdits- des aides aux très pauvres. On réduisit les charges sociales payées par les entreprises et on augmenta celles des salariés, tout en réduisant les prestations. On fit travailler plus ceux qui avaient des emplois, et on aida moins les chômeurs ;  on supprima l’aide fiscale aux veuves, on « déremboursa » beaucoup de médicaments dont le prix augmenta aussitôt ; on étrangla l’hôpital public, la justice et l’enseignement public. On s’en prit aussi aux romans classiques car le petit Président Castor n’aimait pas lire et préférait la Starac’. De plus, il avait entre temps épousé Pollux, artiste de variété, ce qui le rapprochait du monde –fascinant- du spectacle qu’il aimait presque autant que le monde dynamique et libéral des affaires.

Pour assurer la sécurité (et en finir avec la « République »), on embastilla des bergers dont les brebis semblaient pouvoir être galeuses, et on envoya la police dans des écoles maternelles, surveiller et interpeller les délinquants en puissance ; on matraqua des avocats mécontents, on garda à vue après fouille au corps des journalistes diffamateurs ; on débarqua les Préfets qui n’avaient pas compris qu’ils servaient, non l’Etat, mais le petit Monarque et ses amis ; on supprima les juges indépendants, on traita les chercheurs de médiocres,  les médecins de gaspilleurs, les enseignants de manipulateurs ; on  … Puis la crise arriva.

Elle arriva à point, alors que les veaux commençaient à rugir et les moutons à montrer les dents. Le Petit Castor Dynamique fit alors la preuve de ses qualités sportives, sinon intellectuelles. Il agita la queue en tout sens, parcourut tous les pays ou presque, mobilisa les énergies, prôna la révolution et le partage de la pénurie entre pauvres, stigmatisa les fauteurs de crise, ses amis, et continua de plus belle ses réformes en leur faveur.

Veaux et moutons n’y virent que du feu –celui de l’action- et le petit Président Castor remonta dans les sondages.

On dit même qu’il se représentera, avec quelques chances de succès. On ajoute pourtant que dans ses cauchemars, il voit un sémillant âne noir, successeur d’un éléphant blanc ivrogne, dans un pays lointain, qui lui souffle : « tu te trompes Castor, tes réformes, c’est du bidon ; on les a faites avant toi et aujourd’hui on en crève … Fais gaffe, Castor, l’histoire pourrait te juger avec la plus grande sévérité pour t’être trompé d’époque et de société … ». Alors Pollux lui dit : « dors mon petit Castor, n’écoute pas l’âne  noir, il est jaloux de toi car tu es le plus fort mon Castor ».

Et le petit Président Castor se rendort en rêvant qu’il est le Roi du Monde.

 

Théo

Mai 2009

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21 juillet 2008 1 21 /07 /juillet /2008 20:43
C'est par là que je l'ai vu, juste au milieu du lac ...


Le canard lacustre

 

Tout à l’heure, je roulais au pas de mon allemande, doucement, en écoutant Bashung.  Non, en fait, c’était Sunday’s driver, mais je préfère Bashung. Je longeais un lac de fin d’après-midi.

Doucement, je flânais là où le touriste a fui, chassé par la promesse du vent. Personne ! Un régal, cette étendue d’eau grise qui reflète le silence, sans rien dessus, sans un mot de trop jeté pour rien à qui n’écoute pas. Pour un peu, j’aurais retrouvé l’inspiration. Je pensais à ce que m’écrivait ce matin une mienne amie de cœur sur les joies simples et les bonheurs du jour … Et je le vis.

Un canard. Au milieu. Minuscule. Un bonheur de canard perdu sur l’immense flaque, unique et déterminé. Ce canard avait un but, ce canard savait, ce canard allait tout droit et il y allait seul, mais avec quel courage !

Un point de vie qui bouge et rien d’autre autour ; j’avoue que j’ai eu le vertige à cette image. Ce canard au bec courageux qui indique la terre promise, qui va droit devant, sans ciller –d’ailleurs, ont-ils des cils ? Mais en aurait-il eu qu’il n’eût pas cillé, j’en suis sûr ! Ce canard m’a ému. Il m’a semblé tragique de solitude, admirable de courage, silencieux et beau au milieu des flots.

Va petit canard, ON veille sur toi …

Comme ON veillait sur nous et sur tous ceux qu’on a aimés et qui font le silence du lac, ce soir.             

Pauvre petit canard ! Mais c’est toi qui a raison : il faut nager et nager encore sans se poser de questions.

Coin ! Coin !

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13 juillet 2008 7 13 /07 /juillet /2008 22:17

Une aventure inédite de Sherlock Holmes :
Sherlock Holmes contre Harry Steed



 
 


Holmes étudie le poème de Harry  (voir le texte ci-dessous) ... Le Dr Watson entre dans la pièce envahie par un nuage de fumée et où traîne encore une seringue vide ...

Holmes s'adresse au bon Docteur :


SH : Voyons, mon cher Watson, à travers ce texte, que pouvez-vous déduire au sujet de notre ami Harry ?

Watson étudie le texte, sourcils froncés

W : Heu … Il écrit … Il fume … Il est seul

SH : Bravo Watson ! Vous êtes en progrès !!
Mais encore ? Son âge, son sexe, son poids, sa religion, son état de santé, ses préférences politiques ?

W : Heu … C’est un homme ?

SH : Rien ne le dit Watson, « Harry » peut aussi bien être un pseudonyme ou le diminutif d’Harriet, Hillary ou Ségolène !

W : Ben … Heu …

SH : Watson, Watson ! Tout ceci est pourtant évident ! Voici :

Sexe : masculin
Harry est un homme, car "il aime les femmes imparfaites », c’est-à-dire toutes les femmes. Seul un homme peut aimer toutes les femmes, les femmes ne supportent que celles qui sont moins belles qu’elles. CQFD

Age : avancé.
En effet Harry fume et, sous réserve qu’il respecte la loi, il a donc forcément plus de 16 ans. En dessous de 16 ans, on peut être chômeur ou aller en prison, mais en aucun cas fumer.
De plus, Harry nous dit être un « vieux dromadaire assagi ». Or, comme chacun sait, le dromadaire entre dans la sénilité après 20 ans d’âge. Harry semble être dans ce cas, il a au moins 27 ans de désert, soit le double s’il habite la Creuse, ce qui nous donne 54 ans.
CQFD

W : Holmes ! Comment savez-vous qu’il habite la Creuse ? C’est de la magie !!

SH : Non, Watson, c’est dans son profil.

J’en viens à son poids. Un dromadaire de 48 mois peut dépasser les 600 Kgs. Mais comme Harry « fume et consume les turpitudes », forcément il maigrit. Il fait donc à coup sûr moins de 600 kgs. Son développement a été entravé très tôt par son habitude de se tenir « à l’écart des groupes constitués », notamment aux heures de repas. Il a pris la plupart de ses repas (pain sec et eau) dans le placard à côté de la cuisine. Il fait donc entre 68 et 106 kgs. … Environ.

Religion :
Harry est Musulman, bien entendu. Il aime toutes les femmes (les femmes imparfaites) et en conséquence il est polygame, ce qui n’est autorisé, dans certains cas, qu’aux Musulmans. De plus, c’est un homme du désert, familier des oasis et des dromadaires. Harry est un homme bleu, un Targui, un Seigneur du désert de Creuse.

Etat de santé :
J’ajoute que la référence aux dromadaires –séniles de surcroît- suggère que comme ces animaux, Harry marche l’amble, et de plus péniblement. Pour un bipède comme lui, cela suggère une claudication, due sans doute à un accident récent. Il sera facile de vérifier dans nos archives si Harry n’a pas été hospitalisé récemment suite à un accident intéressant les membres inférieurs …

W : Les membres inférieurs, Holmes ?

SH, en soupirant : Oui, Watson … Les jambes …

W : Ah, oui, bien sûr !

SH : Bien … Nous pourrions déduire bien des choses encore de ce texte, Watson, mais je vois que vous endormez…
Je me contenterai donc d’ajouter que Harry a des tendances rebelles et anarchistes, mais que c’est un type bien … D’ailleurs, il est inscrit sur les « Mots du Cœur » de Moun, où il n’y a que des gens bien.

J’y suis moi-même.

¤

Voici le poème en question, à l'origine de cette nouvelle :


Harry fume


Harry fume, seul,
A l’écart des groupes constitués,
Des groupes aux discussions éculées,
Oublie le « faire preuve d’humilité »,
A la recherche d’un registre « supérieur ».
Parfois le rire ne lui suffit plus,
Il manque un zeste de profondeur
Dans ces échanges anodins.
Harry fume, sans amertume,
Vieux dromadaire assagi
Il lui reste suffisamment de sérénité
Pour traverser des déserts momentanés
Et atteindre à nouveau
Les oasis de la communication,
Là où se trament des échanges
Parfois plus ou moins honnêtes,
Là où se tissent des relations
Parfois mâtinées de quelque ambiguïté.
Les cieux sans nuages
Lui ont toujours paru suspects
Et source d’inattention.
La pureté artificielle n’a rien d’attirant,
Harry aime les femmes imparfaites.
Harry fume et consume
Les turpitudes de sa solitude.
Harry fume et se parfume
Au rythme bousculé des habitudes.

Harry Steed (2005, extrait de « Les inachevés ») 
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7 juin 2008 6 07 /06 /juin /2008 18:57


Le Nuage noir


Il est apparu un matin.
Petit nuage, mouton noir parmi les moutons blancs … Cygne noir à la traîne, méprisé de ses frères ...
Les journaux n’en ont pas parlé.
Ils parlent du boycott par les US du protocole de chaipaquoi, Kyoto je crois … De la baisse des impôts (l’an prochain), du sondage présidentiel (« accepteriez-vous d’être gouvernés par une femme ou êtes-vous des machos ? »), de la dernière émission de TF1 (« Comment baisez-vous ? Venez le raconter sur le plateau. »).

………..

Il a grossi aujourd’hui et c’est bizarre si tu veux mon avis : contrairement aux autres nuages, il ne bouge pas. Il grossit et c’est tout. Moi, je trouve ça un peu flippant.
Non ? Ah, pardon, tu regardes TF1, excuse.

………...

Il occupe un quart du ciel. Jour et nuit. Mais c’est le jour qu’il est pesant. Il est là, sur nos épaules … derrière nous … Sur nous.
On ne parle que de ça. Journaux, télés, ce soir le premier Ministre qui va nous expliquer comment il va s’en occuper. En attendant, les curés et les imams se frottent les mains : églises et mosquées se remplissent.
Dans la rue, des prédicateurs ; sur TF1 aussi, deux nouvelles émissions : « Confiez vos âmes à Dieu » et « Derrière le nuage noir », avec pleins de savants, voyants et astrologues. On peut appeler pour seulement 4 Euros et hier soir, il y a eu 20 millions d’appels. Tu te rends compte ? Ah, tu les appelles, excuse.

………..

La Bourse baisse … Sauf TF1 et L’église de Dieu qui vient d’entrer au CAC 40 et qui a encore pris 12% aujourd’hui.
Là, j’ai peur. Cette nuit, la Lune était cachée par le Blackalien, comme on l’appelle maintenant. Il fait plus de la moitié du ciel. J’angoisse. Il m’étouffe.
Des sirènes. Les ambulances. La police. Les pillages redoublent. A Neuilly, le maire, notre Ministre de l’intérieur, a déclaré qu’il aller passer le karcher … Mais je m’en fous. J’ai peur, merde. Et toi ? T’es où ? Ah, c’est vrai, tu assistes à la "mégamesse retransmise par satellite dans le monde entier et célébrée par le Pape Alexandre 6".
Vite, la télé, que je prie moi aussi … Comment fait-on ? Comment dit-on ? On le vouvoie ou on le tutoie ?

………..

Qu’est-ce qu’ils disent ? Flash spécial ? Ah, ces interférences ! Tiens, le Président Dubblebush déclare que « l’environnement est désormais une priorité stratégique des Etats-Unis, au même titre que la lutte contre le terrorisme et la défense de la foi chrétienne ».
Ben, si ça marche aussi bien …
Et il ajoute : « Nous allons exiger de nos partenaires une révision en hausse du protocole de … » De ?????

Ben ?? Plus de télé ! J’y vois rien … Plus de lumière. J’étouffe ! J’étouffe !
Dehors ça hurle … J’étouffe … On va tous crever. Mon Dieu, tu … Vous … On se vouvoie ou on se tutoie ?
Mon Dieu … Ou t'es ? Où êtes-vous ?



***
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8 mai 2008 4 08 /05 /mai /2008 21:25


Troisième acte : TLP-Black et les années ultimes


Et c’est pourquoi nous sommes ici ce soir.

Voici la matière noire.
La fameuse énigme, désormais résolue, du 21e siècle.
Elle va nous permettre de remonter le temps jusqu’aux origines.
Nous saurons, nous devons savoir ce qui s’est passé … Qui ou quoi est intervenu …

Ils entrèrent dans la matière noire à la suite de Gohr. Durant un temps indéterminé, les hommes pénétrèrent dans la matière noire, suivant les pas de Gohr. Elle les absorbait puis les rejetait de l’autre côté de la Porte noire. Ils se retrouvaient sur la Terre initiale où ils déployaient tous leurs instruments de mesure et d’observation, sous un ciel rouge, protégés par leurs bulles-cités. Ils virent le magma se former, la croûte terrestre émerger des océans, les continents dériver, les volcans cracher, les dinosaures apparaître.
Puis un jour …


La soucoupe spatio-temporelle se posa près d’une clairière. Ils en descendirent. Leur chef s’adressa au principal descendant de Gohr, après l’avoir salué.

« Nous savons. Grâce aux rapports que vous nous avez envoyés, nous savons … C’est terrible. Mais il y a pire ». Sa voix s’éteignit. Il pâlit et reprit avec effort : « Nous sommes des créatures. Et pourtant nous sommes seuls … Totalement seuls désormais ». Il s’interrompit et regarda le ciel rouge. Gohr vit briller des larmes dans les yeux de cet homme dur, impassible, rompu à tous les combats du 25e siècle. Des larmes rougies par le ciel du Crétacé.
Gohr voulut parler. Il n’y parvint pas. Il pressentait ce qui allait suivre … il avait eu le temps d’y réfléchir et il avait présent à l’esprit le résumé encéphalique des principaux résultats du projet TLP-Black.
Derrière lui, une foule d’humains retenait son souffle … Il sembla à Gohr que leurs visages pâles et fins devenaient soudain simiesques, que leurs bras s’allongeaient et que leur corps se voûtait. Mais ce n’était que le prisme déformant de ses propres larmes.

Le hurlement d’un tyrannosaure retentit à l’extérieur de la bulle. Le saurien partait en chasse sur les terres du Crétacé.

L’homme reprit : « Tout est fini là-bas, dans le futur. C’est l’holocauste. Terra futura n’existe plus, ni aucune de ses colonies. Nous avons réussi à nous échapper dans ce prototype unique. La matière noire a disparu. L’homme est mort. Ils sont tous morts. Il ne reste que nous. »

Il tomba à genoux et se mit à pleurer.

Gohr se tourna vers le visage de la foule silencieuse. Il gonfla sa poitrine, implora silencieusement le ciel rouge mais vide, et dit d’une voix forte :

« Il n’y a plus qu’à attendre le cataclysme qui va emporter les dinosaures … Il va se produire bientôt, dans quelques millions d’années. Certains d’entre nous survivront peut-être … mais nous pouvons aussi choisir l’euthanasie, si vous préférez. Les premiers mammifères rongeurs sont apparus. Après la disparition des dinosaures, ils prolifèreront et les choses suivront leur cours … L’homme réapparaîtra …
Cependant, si certains d’entre vous souhaitent augmenter les chances de l’humanité, ils peuvent choisir de continuer à vivre et se perpétuer, tout en sachant que lors du cataclysme, leurs descendants disparaîtront probablement … Nous allons maintenant voter, il n’y a plus de raison d’attendre. »


Ils votèrent.

Tous choisirent l’euthanasie par mort instantanée et indolore.

Tous, sauf deux : Adam Volinstky et Eve Israël.


Adam, et Eve.

FIN

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7 mai 2008 3 07 /05 /mai /2008 20:51


La perceuse-visseuse



Week-end avait deux heures, soleil remplaçait pluie,
Déjà les perce-neige perçaient, ben … sous la neige !
Et je m’assoupissais lorsque, ô sacrilège !
Une incongre bruitée troua mon samedi.

La vicieuse berceuse d’un’ perceuse-visseuse …
Et vas-y que je perce, et troues-y que je visse !
J’décidais in petto qu’il fallait que je visse
De cet infâme écho la source bricoleuse.

J’apadeloupais donc, guidé par la rumeur
Jusque sous la fenêtre ouverte la plus proche
D’où sortait ribambelle de sons en débauche.
Tiens-toi bien, sabbatique, ignoble bricoleur !

Le mandrin bien en main, le sein baigné de sueur,
Bleu de travail en cuir et moulant sur les hanches,
Mon accorte voisine sur son travail se penche,
Et perce avant que visse, ondulant du valseur.

Imprimant à l’engin qui vibre entre ses doigts
Un va-et-vient lent pour mieux béton percer,
Les lèvres entr’ouvertes et tête un peu penchée,
Ell’ bricole, innocente et experte à la fois.

Soucieux de toujours secourir ma prochaine,
Je lui proposais donc assistance technique.
Ma perceuse perso lui parut une aubaine ;
Elle aima bien mes vis ainsi que ma pratique.

Nous nous quittâmes tard et depuis chaque jour,
Je guette à ma fenêtre la musique d’amour
D’une perceuse-visseuse à 3500 tours
Dont certains, je vous jure, valent bien le détour !


Théo 2005


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4 mai 2008 7 04 /05 /mai /2008 23:47

Deuxième acte : Le siècle de la Quête


Aujourd'hui, en 2399, à l'aube du 25e siècle après Jean-Claude, nous avons les réponses ... Ou plutôt LA réponse ... Oui, je vois à vos visages que vous la connaissez ...

Mais parlons d'abord de la Quête qui nous amena là où nous sommes aujourd'hui ...
Au pied du Mur de Planck.

Une exploration méthodique des exoplanètes commença, et d'abord bien entendu de Epsilon Eridani b. Ni trop chaude, ni trop froide, la planète était d'un beau bleu terrien, avec une étoile de type « soleil » et de grands océans. La vie y existait ! Et même une vie « animale ! Mais une vie débutante, d'êtres pluricellulaires eucaryotes ... Il faudrait bien un ou deux milliards d'années encore pour qu'apparaissent les premiers arthropodes marins, comme les trilobites de l'ère primaire de la Terre ...
Sur Gi 581b de la constellation de la Balance, on ne trouva rien, son étoile de type « naine rouge » était encore trop froide et l'eau de surface était gelée ... On chercha en vain des organismes extrémophiles susceptibles de se développer dans la glace.

Rho CrB b ...
Gj 436 b ...
HD 99492 b ...
HD 128 411 ...
14 HER b ... Constellation d'Hercule. Rien ! Pas de vie animale, encore moins de vie intelligente supérieure ...

Les années passaient, passaient.
L'homme cherchait, cherchait, cherchait ... Cela devint une obsession, le seul but d'une espèce sans dieu ni maître, qui n'avait plus d'autre raison de vivre ...

HIP 75458 b ... Rien.

TrES-1 ... Constellation de la Lyre ... Des animaux « terrestres » de type dinosauriens ... Sauf accident qui les feraient disparaître -comme sur la Terre jadis- aucune vie humanoïde ou para-humanoïde intelligente ne pourrait s'y développer ...

55 Cnc b ...
70 Vir b ...

Gilèse 876 d ... Là encore, des Dinosaures -dix fois plus gros que ceux qui hantèrent la Terre ! A croire qu'ils sont le « peuple élu » !! Pas d'espoir pour une véritable vie intelligente ... ... ...

Au bout d'un siècle, 2 milliards d'êtres humains avaient quitté la Terre pour participer à la quête. Un tiers était porté disparu dans les ténèbres de l'espace. Aucune vie intelligente, aucun signe, aucun indice d'intelligence n'avait été détecté. Epuisé, désespéré, à bout de ressources, l'homme arrêta son vol.

L'homme était seul ... face au silence éternel de l'espace infini.

Nous étions SEULS.

Nous SOMMES SEULS.

Alors, de deux choses l'une : ou bien nous sommes le fruit absurde d'un hasard ironique et singulier ; ou bien nous avons été créés uniques et à dessein ... mais par qui ? Par quoi ? Et pour quoi faire ? Nous avons décidé de tenter une dernière expérience, totalement différente des précédentes. Le programme TLP-Black, The Last Project, l'ultime tentative.

¤

Troisième acte : TLP-Black et les années ultimes

(A suivre)

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